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Suivi des animaux
Tous les animaux accueillis en soins sont individualisés : ils sont référencés dans un registre d’accueil et font l’objet d’un suivi (poids, traitements, enclos, …) tout au long de leur parcours au Centre, le tout étant consigné sur une fiche. Dès lors qu’ils sont relâchés, les informations sur leur retour dans le milieu naturel sont malheureusement très éparses.
Depuis 2005, grâce au concours de nouveaux financeurs, le CHENE a mis en place des études afin d’étendre ses connaissances sur le devenir des animaux accueillis puis relâchés par le Centre. Quatre espèces ont été choisies pour servir de modèle d’étude, en fonction de critères pertinents.
Les résultats servent notre travail au quotidien, car ils permettent de mesurer l’impact des soins, de la contention et des manipulations. Ils nous permettent, également, de participer à la vie scientifique, par le soutien à la formation universitaire et par la production et la diffusion de données et de rapports.
- Etude 1Phoque veau-marin
- Etude 2Goéland argenté
- Etude 3Hérisson d'Europe
- Etude 4Chevêche d'Athéna
- I
- II
- III
- IV
- I
- II
- III
- IV
- I
- II
- III
- IV
- I
- II
- III
- IV
PHOQUE VEAU-MARIN - Phoca vitulina
©CHENE
Etude terminée [2005->2008]
Chargée du suivi scientifiqueChristine Blaize
Dernière Parution Internet : Août 2011
CRITERES
1-Espèce protégée
Cette espèce emblématique d'importance nationale mérite que l'on s'attarde sur elle.
2-Fort investissement financier et humain
Pour accueillir cette espèce, le CHENE investit énormément de temps et d'énergie.
Il est important d'obtenir du recul quant à l'efficacité de notre travail.
3-Relâcher délicat
La majorité des individus que nous accueillons sont soit des bébés séparés prématurément de leur mère, soit des jeunes (entre 1 et 2 mois) ayant eu des problèmes à l'émancipation.
Le risque d'imprégnation est grand, de plus sont-ils capable de se débrouiller dans un environnement sauvage sans avoir reçu l'apprentissage parental (ex : on ne leur apprend pas à pêcher) ?
OBJECTIFS
1-Nous assurer de la survie de l'individu
2-Participer au réseau phoques
MATERIEL & METHODES
Le Phoque veau-marin est un mammifère marin, de ce fait, les méthodes de suivi choisies doivent tenir compte de ce paramètre.
Nous avons développé plusieurs techniques pour avoir des retours de données concernant les animaux que nous relâchons.
Quelque soit la méthode adoptée, lorsque l'animal est marqué, donc identifiable, de nombreuses personnes peuvent nous renvoyer des données d'observation.
En effet, cette espèce mobilise beaucoup l'attention. Il existe, le long de la façade Manche, tout un réseau composé de bénévoles et de naturalistes, observant pour leur plaisir propre ou travaillant au sein de différentes structures, associatives (Picardie Nature, LPA de Calais, GMN), ou institutionnelles (RNE
, Réserves Naturelles, Conservatoire du littoral).
Sommaire
Le marquage
La plaque couleur
©Alice Bonnot
De 2000 à 2009, le CHENE a utilisé des plaques de couleur
pour pouvoir reconnaître les animaux de loin. Collées à l'arrière du crâne, elles tombent avec le renouvellement du poil, au moment de la mue, entre les mois de juin-juillet pour les jeunes et juillet-août pour les adultes.
Depuis 2010, les retours de données étant jugés insuffisants, cette méthode a été arrêtée.
La bague
©Philippe Thierry
Tous les phoques veaux-marins soignés au CHENE sont équipés d'une bague en plastique
, fixée sur la palmure gauche. L'animal est ainsi individualisé grâce à cette bague portant un code unique. Cette marque étant assez petite, elle est presque illisible lorsque l'animal est de retour dans son milieu naturel.
Jusqu'en 2010, cette bague était en plastique orange, distribuée par le Muséum de Londres.
Depuis 2011, elle est de couleur blanche et est distribuée par le CRMM1.
1CRMM : Centre de Recherche sur les Mammifères Marins
Site > crmm.univ-lr.fr
La balise Argos
©Didier Pazery
De 2005 à 2009, nous avons utilisé une méthode plus performante de suivi à distance :
la balise Argos
Ce système permet de suivre les déplacements de l'animal pendant plusieurs mois.
Comme pour les plaques de couleurs, la balise est collée à l'arrière du crâne et tombe au moment de la mue. Les avantages de cette méthode sont alors qu'elle
- - n'est pas tributaire de la présence d'un observateur
- - permet de suivre les déplacements des phoques en mer
- - donne entre 0 et 5 localisations / jour (2 en moyenne)
Est-ce dangereux pour l'animal ?
Idéfix équipé d'une balise se repose près d'un congénère / ©Marie-Hélène Fremau
Le poids léger (145 g), la forme hydrodynamique et l'emplacement choisi pour la pose de la balise ont été étudiés pour limiter au maximum le dérangement de l'animal induit par la fixation d'un corps étranger.
Depuis 2005, certains animaux équipés avec ce matériel ont été revus sur des bancs de sable, dans des colonies de la région. Nous avons eu la confirmation que la pose d'un tel matériel n'est pas préjudiciable à la bonne réhabilitation des phoques dans leur milieu naturel.
Elle n'empêche pas l'animal de se nourrir correctement et ne provoque pas de rejet de la part de ses congénères.
Comment fonctionne une balise Argos ?
Une balise Argos est un émetteur. Elle fonctionne grâce à une batterie, contient toutes sortes de capteurs et utilise une fréquence radio unique.
Le signal est reçu par un récepteur particulier, embarqué dans certains satellites (5 au total).
Ce récepteur est nommé système Argos.
La gestion de ce récepteur est assurée par la société CLS (Collecte Localisation Satellites). Elle s'occupe de récupérer toutes les informations, calculer la position de l'animal et renvoyer toutes les données à l'utilisateur.
Le nombre de données obtenues dépend de la fréquence de passage des satellites au-dessus de la balise.
Par exemple, dans le secteur de la ville du Havre, il y a 47 passages par 24 heures (source : simulation de CLS).
La durée de vie de la balise est encore très variable, elle dépend de la durée de vie de la batterie qu'elle contient.
Dans le cas du matériel que nous utilisons pour le suivi des Phoques veaux-marins soignés au CHENE, elle est estimée entre 3 et 5 mois.
RESULTATS
Sommaire
- Introduction : les accueils
- Retours de données : le marquage
- Retours de données : la balise Argos
- Conclusion / Discussion
Introduction : les accueils

Figure 1 : Effectif annuel de phoques accueillis au CHENE
ACCUEILS : 1980 > 1999
-> 8 phoques
2 Phoques veaux-marins / 5 Phoques gris / 1 Phoque marbré
Ces individus sont soit morts a l'accueil (3), soit ont été pris en charge 1 à 2 jours avant d'être transférés vers La Zeehondencrèche
équipée pour la réhabilitation de ces espèces (3), soit ont pu être relâchés par notre association après une courte période de soins (2).
L'association s'étant développée au fil des années, elle a pu se doter d'une clinique moderne et spacieuse, équipée d'installations prévues spécifiquement pour l'accueil des phoques.
Depuis 2000, des phoques sont accueillis tous les ans.
ACCUEILS : 2000 > 2009
-> 65 phoques
56 Phoques veaux-marins / 9 Phoques Gris

Figure 2 : Répartition des causes d'accueil des Phoques veaux-marins depuis 2000
La très grande majorité des accueils de Phoque veau-marin (94%) concerne des individus de l'année, qui arrivent soit à cause d'une séparation prématurée avec la mère, soit à cause d'un problème survenu lors des premières semaines d'émancipation. En effet, pour cette espèce le sevrage a lieu à l'âge d'un mois et est une période difficile, le jeune phoque doit savoir rapidement se débrouiller sans sa mère.
Bien souvent, les individus âgés de 1 à 3 mois que nous accueillons, présentent des pathologies (parasitisme, Pox virus, ...) liées à un état de faiblesse générale, sans doute causé par des difficultés à s'alimenter seul.
NoteLa séparation prématurée du couple mère-jeune peut survenir suite à des causes naturelles (météorologie, décès, ...) ou à des causes anthropiques (dérangements humains dus à une curiosité excessive > Celle-ci peut entrainer une fuite brutale de la mère que le petit ne peut pas toujours suivre).
Retours de données : le marquage
1996 > 2009
47 Phoques veaux-marins relâchés
47 marques posées (bague, plaque et/ou balise*)
Nombre d'individus revus grâce à une marque
16 => 34%
Nombre d'individus revus grâce à la bague uniquement
6 (dont 2 individus retrouvés morts) => 12,8%
NoteLa bague est une marque pérenne, aussi les informations qui nous sont retournées nous permettent d'avoir des données sur des individus relâchés jusqu'à plusieurs années auparavant.
* Toutes les balises Argos ont été peintes, elles servent donc également de marques visuelles.
Jupiter par ©Louis-Marie Preau
Retours de données : la balise Argos
Petite parenthèse Seaturtle.org
Durant le temps d'émission des balises Argos, il était possible de suivre, en différé (24-48h de décalage), les phoques équipés, grâce au site Seaturtle.org (site, crée par Michael Coyne, très pratique et gratuit).
Notre programme, ainsi que les cartes sont toujours en ligne
> Consulter notre programme
> Télécharger le guide du site Seaturtle.org > 303 ko
Tableau I : Bilan du nombre de jours de suivi et du nombre de localisation des individus équipés d'une balise Argos
| Individu | Durée émission de la balise | Durée suivi Argos (jours) | Nb localisations | Cartes |
|---|---|---|---|---|
Pluton![]() |
27-10-05 -> 24-05-06 | 210 | 531 | |
Poséidon![]() |
27-09-06 -> 15-11-06 | 50 | 420 | |
Arès![]() |
19-01-07 -> 24-06-07 | 157 | 364 | |
Bonnemine![]() |
05-11-07 -> 09-01-08 | 66 | 230 | |
Idéfix![]() |
05-11-07 -> 07-03-08 | 124 | 396 | |
Falbala![]() |
13-01-08 -> 08-03-08 | 66 | 81 | |
Tombelaine![]() |
10-10-08 -> 12-01-09 | 95 | 718 | |
Molène![]() |
10-10-08 -> 22-12-08 | 74 | 406 |
Ce sont majoritairement des jeunes de l'année qui ont été équipés (7/8), cible principale de ce suivi.
Le nombre de balises posées représente 1/3 de l'effectif de Phoques veaux-marins accueillis sur la période 2005-2008. Il permet ainsi d'avoir une bonne idée du devenir des individus soignés au CHENE.
Le temps d'émission des balises a été très variable, de 50 jours à 210 jours (tab. I). Le nombre de localisations est également très variable, de 81 à 718, sans qu'il y ait de relation directe entre le le nombre de localisation et le nombre de jours de suivi.
Pour rappel, le nombre de localisation dépend de la position de la balise au moment du passage d'un satellite. Pour que les signaux émis soient captés, il faut que l'animal ait la tête hors de l'eau suffisamment longtemps.
Le matériel utilisé n'offre pas une très grande précision. mais il permet de savoir dans quel secteur les individus se situent et de suivre leurs déplacements sur de très grandes distances. La précision est plus souvent de l'orde du kilomètre, ce qui est suffisant au vue des questions posées.

Figure 3 : Localisation de Bonnemine (rouge), Tombelaine (bleu) et Molène (violine) / flèche noire = site de relâcher
Bonnemine, Tombelaine et Molène ont été découvertes sur leur lieu de naissance de manière certaine, étant donné l'âge où elles ont été apportées au Centre (entre 1 et 8 jours). Nous les avons relâchées sur leur lieu de naissance, en baie du Mont-Saint-Michel.
Tombelaine et Molène y sont restées, alors qu'après quelques jours, Bonnemine a quitté la baie pour se rendre en Angleterre où elle est demeurée jusqu'à la fin d'émission de la balise.

Figure 4 : Localisation de Pluton (jaune) et Arès (vert foncé) / flèche noire = site de relâcher
Pluton, trouvé et relâché dans la baie de Somme (probablement né dans cette colonie), a été principalement localisé dans cette baie. Il a effectué quelques voyages que l'on pourrait qualifier d'exploratoires, vers les côtes d'Angleterre et le long des côtes françaises (vers le nord), mais il revenait régulièrement en baie de Somme.
Arès, trouvé tout près de la baie de Somme et relâché dans la baie des Veys a également été principalement localisé sur son lieu de relâcher, effectuant des séjours plus ou moins longs vers les côtes anglaises ou le long des côtes françaises (vers l'ouest).

Figure 5 : Localisation d'Idéfix (vert clair) et de Falbala (bleu clair) / flèche noire = site de relâcher
Falbala et Idéfix sont les deux individus qui ont fait les plus grands déplacements.
Durant la totalité de sa réhabilitation au CHENE, Idéfix était en compagnie de Bonnemine. Relâchés ensemble, ils se sont séparés au bout d'une journée. Idéfix est parti vers l'ouest, d'abord le long des côtes anglaises pour ensuite atteindre l'Atlantique. Il est ensuite revenu dans la Manche pour se rendre dans le secteur de la baie de Canche, où il a été observé en compagnie d'autres phoques de ce secteur (obs. M-H FREMEAU).

Figure 6 : Localisation de Poséidon / flèche noire = site de relâcher
Poséidon, seul individu de plus de un an a parcouru peu de distance durant les 50 jours d'émission de sa balise. Trouvé à Yport et relâché au Havre (mois de 40 km de distance), après quelques jours dans la baie de Seine, il a rejoint la baie des Veys où il a ensuite passé la majorité de son temps.
Ce comportement peut laisser à penser que Poséidon a rejoint son territoire d'origine sachant que l'espèce est relativement sédentaire. Mais nous ne pouvons répondre avec certitude à cette supposition.
Conclusion / Discussion
Point 1 > Nous assurer de la survie de l'individu
Tous les individus suivis ont démontrés qu'il survivaient plus d'un mois après leur relâcher. Ils ont donc été capables de s'alimenter alors qu'ils ont été nourris avec des poissons morts durant leur élevage.
De plus, des observations faites sur le terrain par des bénévoles et des naturalistes ont permis de montrer que ces individus reconnaissent leurs congénères, recherchent leur présence et s'intègrent parfaitement dans les colonies.
Cette étude laisse néanmoins de nombreuses questions en suspens :
- Ont-ils le même comportement que leurs congénères (choix des proies, techniques de pêche, profondeur de plongée, temps de repos au sol, ...) ?
- Sont-ils capables de se reproduire (maturité sexuelle, choix d'un partenaire, élevage d'un bébé, ...) ?
Pour répondre à ces questions, il faudrait mettre en place un nouveau protocole de suivi. Hors les Phoques veaux-marins atteignent leur maturité sexuelle vers l'âge de 4-6 ans1 et il n'existe pour le moment aucune technique permettant de suivre ces animaux sur du long terme.
En 2009, nous étions avertis par Gérard Gautier
de la naissance du premier bébé de Tama
, Phoque veau-marin qui avait été accueillie par le Centre en 2003.
Ce cas n'est pas suffisant pour tirer des conclusions, mais il reste enthousiasmant.
Tama par ©Gérard Gautier
1ETTIENNE P., 2000. Le Phoque veau-marin, Edition Belin / Collection Eveil Nature, 72p
Point 2 > Participation au réseau phoques
18-19 Novembre 2006 : Présentation au colloque annuel du RNE
, piloté par le CRMM1
Alain Beaufils
et Christine Blaize
représentaient le CHENE.
Ils ont expliqué le travail d'accueil et de soins effectué au Centre de Sauvegarde sur les Phoques veaux-marins et ont exposé le protocole de suivi.
Participation au SIG2-phoques
Le SIG-phoques est un réseau mis en place par les administrations :
-> La DREAL Basse-Normandie (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement)
-> La MIMEL (Mission Inter-services de la Mer et du Littoral)
-> Les AAMP (Agences des Aires Marines Protégées)
L'objectif de ce SIG est de regrouper tous les organismes détenteurs de données en mer Manche, afin de coordonner les actions et de faciliter la gestion des sites.
Celui-ci se présente sous forme cartographique avec jeu de données lié et est consultable sur Internet uniquement par les acteurs participant.
Le CHENE a participé en produisant une carte et un rapport de métadonnées associé.
1CRMM : Centre de Recherche sur les Mammifères Marins
Site > crmm.univ-lr.fr
2SIG : Système d'Informations Géographique
GOELAND ARGENTE - Larus argentatus
©Michèle Rezzouk
Etude en cours [2007->....]
Chargée du suivi scientifiqueChristine Blaize
Avec l'aimable collaboration de Vincent Bretagnolle - CNRS / Chizé
StagiairesChloé Thierry - Licence Biologie / Univ. Rouen (2009) / Cédric Beaudoin - Licence Biologie / Univ. Rouen (2010) / Cédric Beaudoin - Master 1 Biologie / Univ. Rouen (2011)
Télécharger le rapport 2010
Télécharger les rapports de stage 2009 / 2010 / 2011
Dernière Parution Internet : Août 2011
CRITERES
1-Espèce protégée
Rappel : Le Goéland argenté n'est pas classé espèce nuisible.
2-Fort investissement financier et humain.
1996 -> 2010 = 13,3% des animaux accueillis au Centre de Sauvegarde sont des Goélands argentés (moyenne).
Il est important d'obtenir du recul quant à l'efficacité de notre travail.
3-Relâcher délicat
86% des individus relâchés sont des juvéniles.
Arrivent-ils à compenser le déficit d'apprentissage parental ?
OBJECTIFS
1-Devenir des jeunes par comparaison avec des jeunes élevés par leurs parents
2-Objectifs secondaires
- La dispersion
- Le comportement intra-spécifique
- L'importance du site de lâcher
- A plus long terme, éventuellement la philopatrie
MATERIEL & METHODES
Méthode CMR = CAPTURE-MARQUAGE-RECAPTURE
Sommaire
Capture
Groupe "centre"
©Marc Duvilla
Il n'y a pas réellement de capture. Les animaux sont apportés par des particuliers qui les ont trouvés en difficulté.
Le baguage se fait alors juste avant le relâcher, par Alain BEAUFILS
, responsable du Centre de Sauvegarde et détenteur du droit de baguer.
Les jeunes de l'année sont en moyenne relâchés vers 73 jours (estimation), bien après l'âge de premier envol dans la nature qui est d'environ 42 jours1.
Les animaux ne sont pas systématiquement relâchés sur leur lieu de découverte. Les sites de relâchés sont choisis de façon à favoriser la bonne réadaptation des individus et à minimiser le temps de transport.
Ces sites se situent en moyenne à 35 km du Centre, sur le littoral, dans des zones où se trouvent des congénères et où la nourriture est facilement accessible.
1MIGOT P., 1987. Elémnts de biologie de goélands argentés (Larus argentatus) en Bretagne - Approche démographique. Thèse de doctorat, Université Paris VI, 214p.
Groupe "sauvages"
©Gilles Le Guillou
Le baguage se fait au nid, avant l'envol, vers 20-25 jours.
Le bagueur agréé est Gilles LE GUILLOU, bénévole au GONm2.
Celui-ci a mis en place une étude sur le Goéland marin (Larus marinus).
Dans la ville du Havre, il existe une importante colonie de Goélands argentés à laquelle viennent s'ajouter des colonies de Goélands marins et de Goélands bruns (Larus fuscus). Ainsi, pour des raisons pratiques, le baguage des Goélands argentés au nid suit celui des Goélands marins.
2GONm = Groupe Ornithologique Normand
Site > www.gonm.org
Marquage couleur
La Bague métal
Depuis l'ouverture du Centre de Sauvegarde, les oiseaux soignés sont en majorité bagués avec une bague métallique du MNHN3 (Programme UFCS2 déposé auprès du CRBPO1), avant d'être relâchés. Cette bague porte un code unique et constitue déjà une individualisation des animaux. Toutefois elle est petite et le code est difficilement lisible à distance.
Les goélands sont des espèces de grande taille, longévives (Goéland argenté > âge max : 32 ans), qui se placent volontiers dans des zones dégagées et/ou proches des activités humaines. Aussi il est possible d’augmenter nettement les informations sur des individus vivants, dans leur milieu naturel, en utilisant une méthode d’individualisation des animaux supplémentaire à la bague métallique et lisible à distance.
La mise en place du marquage couleur sur les oiseaux, nécessite l'obtention d'autorisations de la part du CRBPO1, unité du MNHN3. Elles concernent la capture de l'oiseau et la pose d’une marque de couleur.
Ceci se règle par l'intermédiaire d'une demande de programme personnel où sont consignés l'objectif du programme, la technique de marquage envisagée, les techniques de capture et le(s) nom(s) du (des) bagueur(s) agréé(s).
Les oiseaux sont individualisés avec une bague couleur
.
> Plastique Darvic bleu ciel / H : 29 mm - DI4 : 11 mm / écriture noire / code : B + 3 chiffres / tarse droit / lecture de bas en haut.
[ Le code étant arrivé à saturation, les bagues sont désormais gravées B + 2 chiffres + 1 lettre ]
Le choix de la couleur et du code alphanumérique est établi par le coordinateur européen des programmes de marquage couleur pour cette espèce, Peter ROCK, qui s'assure que différents programmes n'utilisent pas les mêmes couleurs et/ou code.
Lors du baguage, tous les individus sont pesés et mesurés

Figure 1 : Les mesures réalisées au moment du baguage/marquage
- Aile pliée
- Longueur de la tête (LBT), du bec (LBC)
- Hauteur du bec au niveau de la narine (HBN)
- Longueur du tarse suivant 2 méthodes, tarse "long" et "court"
1CRBPO = Centre de Recherche par le Baguage des Populations d'Oiseaux
Site > www2.mnhn.fr/crbpo
2UFCS = Union Française des Centres de Sauvegarde de la faune sauvage
Site > uncs.chez.com
3MNHN = Muséum national d'Histoire naturelle
Site > www.mnhn.fr
4DI = Diamètre Intérieur
Recapture
©Cédric Beaudoin
Les informations récupérées (Recaptures) sont de plusieurs natures :
1- Contrôle / Contrôle visuel = L'animal est revu vivant, il est pris en main ou simplement observé
2- Reprise = L'animal est retrouvé mort
Plusieurs scénarios sont possibles :
- Le baguage sur les colonies se fait en plusieurs sessions. A ces occasions, les individus bagués lors des sessions précédentes peuvent être contrôlés ou repris.
- Après envol des jeunes du nid et après relâcher du Centre de Sauvegarde, les individus sont revus et reconnus, généralement par leur bague couleur. Ces observations (contrôle visuel ou reprise) sont le fait d'observateurs bénévoles. La donnée revient au bagueur, soit par l'intermédiaire du CRBPO1 que l'observateur a contacté, soit par l’observateur qui se renseigne sur l'origine du marquage couleur et renvoie la donnée directement au bagueur.
La plus grande proportion des informations de recapture provient de ce réseau entretenu par des observateurs passionnés. - Une petite proportion de recapture provient d'individus qui sont ramenés au Centre de Sauvegarde pour blessure ou maladie.
Le réseau d'observateurs
Au 17-08-11, il est composé de 118 observateurs (France, Espagne, Angleterre, Hollande et Belgique)
1/ Données envoyées par un observateur
- Date de l'observation
- Lieu de l'observation
- Coordonnées GPS (si possible)
- Description de la bague couleur (couleur de fond, couleur d'écriture, sens de lecture, code, tarse droit ou gauche)
- Age de l'oiseau (si possible)
2/ En retour, le CHENE envoie une fiche qui récapitule nos données sur l'individu observé.
-> Exemple de fiche
Vous êtes intéressés
> Consultez le site cr-birding
RESULTATS
Sommaire
- Introduction : les accueils
- Retour de données : la bague métal
- Retour de données : le marquage couleur (étude en cours)
- Conclusion / Discussion (étude en cours)
Introduction : les accueils
De 1987 à 2010, le CHENE a accueilli en moyenne 146 goélands (dont 140 Goélands argentés) par an (fig. 2). Depuis 2002, la moyenne est de 206 goélands par an dont 195 goélands argentés qui sont principalement des jeunes de l'année (1A).
1A = Oiseaux dans la première année de vie
Depuis 2008, pour affiner les informations relatives aux nombreux poussins accueillis en soins, à l'intérieur de la classe d'âge 1A, nous répartissons les poussins en fonction de leur taille, chaque classe de taille correspondant à une classe d'âge (tab. I).
>1A = Oiseaux âgé de plus d'1 an
Un mot : l'étude ne porte pas directement sur ces individus.

Figure 2 : Evolution des effectifs de goélands accueillis au CHENE
Tableau I : Classement des poussins non volants par taille1
| PP = Petit Poussin 0 à environ 10 jours |
|
| PM = Poussin Moyen 10 à 20 jours environ |
|
| GP = Grand Poussin 20 à 35 jours environ |
|
| JV = grand jeune > 35 jours |
|
1D'après les travaux de DERIAN, 2007


Figure 3 : Causes d'accueils des Goélands argentés - 1A et >1A - en 2009 et 2010
Pour les poussins (1A), la cause principale d'accueil est le ramassage jeune.
Les adultes (>1A) arrivent dans notre Centre, principalement à cause de la route.
Retour de données : la bague métallique
1996 > 2006 : 560 bagues métallique posées (889 Goélands argentés accueillis)
12 retours d'information = 2,1%
- 2 bagues ont été lues à distance (entre 147 et 174 jours de lâcher)
- 6 individus sont revenus en soins, au Centre (entre 4 et 1752 jours après le lâcher)
- 4 individus ont été retrouvés morts (entre 1 et 990 jours après le lâcher)
©Cédric Beaudoin
Retour de données : le marquage couleur
2007 > 2010 : groupe "centre"
-> 615 individus bagués
504 couleur + 111 uniquement métallique
Même si la problématique ne concerne que les jeunes de l'année (1A), car c'est le seul groupe que nous pouvons comparer avec un groupe de "sauvages", tous les individus soignés au Centre de Sauvegarde, quel que soit leur âge (1A ou >1A) sont bagués couleur, en plus de la bague métallique, au moment du relâcher (63 individus).
2008 > 2010 : groupe "sauvages"
-> 530 individus bagués
528 couleur + 2 uniquement métallique
Tableau II : Baguage couleur Goélands argentés
[en bleu, entre parenthèse = les >1A bagués couleur]
| CENTRE | SAUVAGES | TOTAL | |||
| 2007 | 78 | (+6) | 0 | 78 | (+6) |
| 2008 | 90 | (+10) | 63 | 153 | (+10) |
| 2009 | 162 | (+21) | 181 | 343 | (+21) |
| 2010 | 111 | (+26) | 284 | 395 | (+26) |
| TOTAL | 441 | (+63) | 528 | 969 | (+63) |


Après homogénéisation des jeux de données (explications > lire le rapport 2010 / page 10-11), l'analyse porte
-> 920 individus bagués
-> 441 "centre"
-> 479 "sauvages"
-> 1412 recaptures / 296 individus
(reprises, contrôles et contrôles visuels)
-> 167 "centre"
-> 129 "sauvages"
Tableau III : Données sélectionnées pour la comparaison "centre" / "sauvages"
Revus = Nombre d'individus différents revus
Observateurs = Nombre d'observateurs différents
() = pourcentage par rapport au nombre de bagués couleur
| TOTAL | CENTRE | SAUVAGES | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Revus | Observations | Observateurs | Revus | Observations | Revus | Observations | |
| 2007 | 31 (40%) | 234 | 7 | 31 (40%) | 234 | ||
| 2008 | 79 (53%) | 508 | 29 | 53 (59%) | 431 | 26 (45%) | 77 |
| 2009 | 127 (40%) | 541 | 59 | 57 (35%) | 333 | 70 (44%) | 208 |
| 2010 | 59 (16%) | 129 | 51 | 26 (23%) | 80 | 33 (13%) | 49 |
| TOTAL | 296 (32%) | 1412 | 108 | 167 (38%) | 1078 | 129 (27%) | 334 |
Pour le moment, il n'est pas évident de distinguer un schéma de dispersion différent entre les "centres" et les "sauvages" (fig. 4).
Les "centres" revus ont en moyenne parcouru 65 km contre une moyenne de 60 km pour les "sauvages". A la résolution géographique à laquelle nous travaillons, cette différence de 5 km n'est pas significative.

Figure 4 : Répartition des observations d'individus "centre" et "sauvages"
"Centre"
"Sauvages"
Données en cours ... Au 24-08-11 : Les données sont encore collectées et analysées. Cette section sera actualisée pour faire état du rapport 2011.
Conclusion / Discussion
1- Le jeu de données est conséquent et équilibré (les groupes "centre" et "sauvages" sont équivalents).
2- Les contrôles visuels sont également conséquents (+ 30% des individus revus) et comparables.
Cette première constatation est satisfaisante pour l'étude.
Analyse en cours ... Au 24-08-11 : Les données sont encore collectées et analysées. Cette section sera actualisée pour faire état du rapport 2011.
©Gérard Gautier
HERISSON D'EUROPE - Erinacea erinacea
©Manoëlle
Etude en attente [2007->....]
Chargée du suivi scientifiqueChristine Blaize
StagiairesDanielle D'Affonseca Leloup - Master 1 Biologie / Univ. Rouen (2007) / Jennifer Damour - Licence Biologie / Univ. Rouen (2008)
Dernière Parution Internet : Août 2011
CRITERES
1-Espèce protégée
2-Fort investissement financier et humain
55% des mammifères recueillis par le Centre sont des hérissons. Leur temps de séjour est variable (suivant la pathologie et la saison d'arrivée), cependant une forte proportion des individus accueillis effectue un long séjour.
Il est important d'avoir du recul quant à l'efficacité de notre travail.

Figure 1 : Temps de séjour des hérissons au CHENE
3-Relâcher délicat
77% des individus relâchés sont des juvéniles.
Arrivent-ils à compenser le déficit d'apprentissage parental ?
OBJECTIF
1-Evaluation des soins
MATERIEL & METHODES
Sommaire
CMR

1La Hulotte = Journal naturaliste
Site > www.lahulotte.fr
2Club CPN = Connaître et Protégér la Nature
Site > www.fcpn.org
3RSPCA = Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals
Site > www.rspca.org.uk
4Centre de sauvegarde situé en Angleterre
Site > www.sttiggywinkles.org.uk
Capture
Il n'y a pas réellement de capture. Les animaux sont apportés par des particuliers qui les ont trouvés en difficulté.
Marquage couleur
Le marquage se fait juste avant le relâcher, uniquement sur les jeunes de l'année, cible de l'étude.
La technique utilisée pour individualiser les animaux suivis est sans danger lorsqu'elle est accomplie par des personnes ayant de l'expérience. Aussi, pour des raisons de sécurité, nous ne la détaillerons pas ici.
Les animaux sont relâchés sur des sites choisis de façon à favoriser la bonne réadaptation des individus. La qualité de ces sites est évaluée en se servant des critères mis en place par La Hulotte1, les clubs CPN2, RSPCA3 et Wildlife Hospital Trust4.
Les critères sont
- Aspect et utilisation du jardin (type de clôture, risques liés aux pesticides-insecticides, présence de mares, de grillages ou filets)
- Présence de hérissons sauvages
- Eau et nourriture disponibles
- Présence de prédateurs naturels (blaireau, renard, ...)
- Distance aux routes d'usage régulier
- Nature des terrains autour du site
Recapture
Les informations récupérées (Recaptures) sont de plusieurs natures :
1- Contrôle = L'animal est revu vivant
2- Reprise = L'animal est retrouvé mort
Plusieurs pratiques sont possibles :
- Suivi systématique : Mise ne place d'un protocole pour tenter de recapturer les individus suivant un pas de temps régulier.
- Suivi participatif : Les personnes en charge du suivi n'ont ni les moyens ni le temps de suivre tous les animaux relâchés. Hors les hérissons sont systématiquement relâchés au taquet dans des jardins de bénévoles. Aussi, pour éviter de perdre des données, les bénévoles peuvent prendre le relai. Les informations sont alors fragmentaires.
Tracking
"Tracking" est un mot anglais qui peut se traduire par suivi, on parle également de télémétrie.
Il s'agit d'une méthode de géolocalisation, dont le système est composé d'un émetteur qui envoie un signal et d'un récepteur qui capte ce même signal.
Pour le suivi des hérissons, nous utilisons
-> Emetteur TW3 / 37x17x18 / 11g + Récepteur![]()
La localisation du signal se fait ensuite par triangulation
TRIANGULATION
= Emetteur (ici > hérisson)
= Récepteur (Observateur)
©Raynald Vasselin
Etape 1
Etape 2
Etape 3
Etape 4
Etape 1 : L'observateur est équipé du poste récepteur, d'une antenne rateau directionelle et d'une boussole. Il matérialise l'intensité maximale du signal par 2 droites formant un angle.
Etape 2 : L'observateur trace ensuite une bissectrice (coupe l'angle en 2 parties égales) pour en déduire la direction de l'émetteur.
Etape 3 : L'observateur se place à un deuxième point et effectue les mêmes opérations.
Etape 4 : L'observateur se place à un troisième point et effectue les mêmes opérations. Un triangle est formé par les 3 directions, c'est du coeur de ce triangle que provient le signal.
RESULTATS
Etude en attente ... Au 24-08-11 : Cette section sera actualisée pour faire état des premiers résultats lors de la reprise de l'étude.
CHEVECHE D'ATHENA - Athene noctua
©CHENE
Etude en attente [2008->....]
Chargée du suivi scientifiqueChristine Blaize
Dernière Parution Internet : Août 2011
CRITERES
1-Espèce protégée
Cette espèce emblématique de notre Région méritait que l'on s'attarde un peu plus sur elle.
L'espèce est considérée en déclin, elle est classée sur la liste orange des oiseaux (Génot, 1999). Ce n'est que depuis les années 80 que la France l'étudie et il semblerait que la Haute-Normandie soit un de ces bastions.
2-Relâcher délicat
Nous accueillons en moyenne 8 jeunes par an, ce qui représente 64% des accueils pour cette espèce (moyenne établie pour la période 1996-2007).
Pour tous les jeunes animaux élevés en centre de soins, le relâcher est toujours un moment délicat. Il l'est d'autant plus pour cette espèce. Les différentes observations des soigneurs des centres de sauvegarde montrent que les méthodes utilisées pour les rapaces atteignent leurs limites avec la Chevêche d'Athena.
Il nous importe donc d'obtenir des données fiables concernant le retour à la vie sauvage pour cette espèce.
OBJECTIF
1-Evaluation de la méthode de lâcher au taquet
MATERIEL & METHODES
Tracking
"Tracking" est un mot anglais qui peut se traduire par suivi, on parle également de télémétrie.
Il s'agit d'une méthode de géolocalisation, dont le système est composé d'un émetteur qui envoie un signal et d'un récepteur qui capte ce même signal.
Pour le suivi des chevêches, nous utilisons
-> Emetteur TW4 / 19x9x7 / 2,5g + Récepteur![]()
La localisation du signal se fait ensuite par triangulation
TRIANGULATION
= Emetteur (ici > chevêche)
= Récepteur (Observateur)
©CHENE
Etape 1
Etape 2
Etape 3
Etape 4
Etape 1 : L'observateur est équipé du poste récepteur, d'une antenne rateau directionelle et d'une boussole. Il matérialise l'intensité maximale du signal par 2 droites formant un angle.
Etape 2 : L'observateur trace ensuite une bissectrice (coupe l'angle en 2 parties égales) pour en déduire la direction de l'émetteur.
Etape 3 : L'observateur se place à un deuxième point et effectue les mêmes opérations.
Etape 4 : L'observateur se place à un troisième point et effectue les mêmes opérations. Un triangle est formé par les 3 directions, c'est du coeur de ce triangle que provient le signal.
RESULTATS
Etude en attente ... Au 24-08-11 : Cette section sera actualisée pour faire état des premiers résultats lors de la reprise de l'étude.
Suivis financés par









